A la découverte du vieux village de Poul-Fetan

Loin de moi l’idée de vouloir faire de la publicité pour un quelconque pâté, ni même des saucisses.

Mais dans un monde où les industriels nous vendent à outrance des produits non-aboutis, souvent aux origines et aux compositions douteuses, et qui ne véhiculent aucune valeur humaine, aucune tradition, à un moment donné, il faut savoir rendre à César ce qui appartient à César…

A ce titre, Hénaff est une entreprise familiale centenaire qui s’est essentiellement fait connaître par le bouche à oreille et ce grâce à la qualité de ses produits qui, encore aujourd’hui, sont composés d’ingrédients nobles, sans aditifs ni conservateurs. De plus la production s’effectue toujours en Bretagne, à quelques centaines de mètres de la ferme historique et continue à faire vivre des éleveurs locaux. A partir de là, comment ne pas adhérer ? En tout cas, nous, on adore ça !!!

 

En ce qui me concerne, je connaissais déjà le principe des garden pâtés. La première a eu lieu en 2010. Il s’agit ni plus, ni moins, d’un pique-nique géant organisé sous l’égide des pâtés Hénaff. Les deux premières éditions ont eu lieu sur la plage de Penhors. Mais le flot chassant prématurément les convives, elles se déroulent désormais dans les champs autour de la ferme historique de Pouldreuzic ; celle qui a vu naître Jean Hénaff en 1859 et connu les premiers balbutiements de la marque en 1907. Elle abrite aujourd’hui un petit musée que l’on peut découvrir à cette occasion…

Et donc, lorsqu’à l’office du tourisme de la Forêt-Fouesnant nous avons appris que la 6ème garden pâté était organisée durant notre séjour, nous n’avons pas pu faire autrement que d’y participer. Disons que ça nous tenait vraiment à cœur !

C’est ainsi que par une radieuse journée de la fin du mois d’août, nous avons rejoint Pouldreuzic avec notre nappe, notre glacière, notre parasol et les incontournables boîtes de conserve bleues. Nous sommes arrivés aux alentours de 12H00 et les parkings – où plutôt les champs qui avaient été spécialement ouverts au stationnement – étaient déjà blindés ! Il y avait-là, de nombreux Bretons, à commencer par les Finistériens, mais aussi des estivants venus de toute la France, ainsi que des Belges, des Néerlandais, des Allemands et des Anglais, la plupart en vacances dans le coin. Bref, ce qui était certain c’est que nous ne serions pas seuls !

Dés notre descente de voiture, nous fûmes accueillis par d’appétissantes effluves de grillades et l’écho festif des flonflons : le ton était donné ! Pour rejoindre le lieu des réjouissances, il nous fallu simplement suivre quelques convives, coiffés de borsalinos blancs à l’effigie du pâté Hénaff et équipé de bien d’autres accessoires à sa gloire. Vraisemblablement des habitués…

 

Par delà un portique, façon arrivée du Tour de France, nous découvrîmes la fameuse ferme et son cadre bucolique : des champs bocagers, parsemés de grosses bottes de foin, qui s’inclinaient en pente douce vers l’océan que l’on apercevait, scintillant, avec le soleil à son zénith. Très bonne entrée en matière s’il en est !

A notre droite, dans la cour de la ferme un gugusse juché sur une boite de conserve en carton-pâte jouait de l’orgue Bontempi. Derrière lui était exposée une vénérable 4L aux couleurs de la marque. A ses côtés prenait place un original petit manège en bois mue par un pédalier. Les enfants en ont d’ailleurs bien profité dans l’après-midi. En vis-à-vis, dans la joie, la bonne humeur et les éclats de rire, des dizaines de participants faisaient déjà la queue au barbecue sur lequel les saucisses crépitaient.

Quant au détour d’un buisson… nous découvrîmes le cœur de l’événement : des milliers de personnes (Le Télégramme à estimé le nombre de participants entre 3.000 et 4.000 ce qui est fort probable vue la foule présente…) installées sur leurs nappes, parfois même sur de simples serviettes de plage. Les plus prévoyants avaient fait suivre tables et chaises de camping. Tout ceci au milieu des gwenn-ha-du et des drapeaux Hénaff flottants au gré de la brise marine. Et tandis que les chips, les boîtes de conserve, le pain, les tomates-cerises, les fraises et les verres de l’amitié s’échangeaient d’un coin de nappe à l’autre, l’animation battait son plein. Il y avait un trio loufoque qui passait de nappe en nappe pour mettre son grain de sel, ainsi qu’un orchestre tout aussi étrange qui déambulait au milieu de l’assistance. C’est dans cette ambiance franchement sympathique que sous l’impulsion du fiston, nous nous installâmes près de l’exposition de véhicules anciens. Il y en avait là une quarantaine, de la Jeep Willys de la seconde Guerre Mondiale en passant par l’estafette Renault aux couleurs désuets d’une entreprise de plomberie, une flopée de 2CV et autres Diane, une Traction Avant Citroën, une Peugeot 404, des Coccinelles et même des Vespa. Y était également présenté un alambic attelé à un tracteur. N’oublions pas qu’en dehors du cidre, le pays produit également le lambig… à consommer avec modération bien entendu !

Entre deux bouchées, nous pûmes nous initier à la boule Bretonne, au gouren,  la fameuse lutte Bretonne qui se déroule les pieds dans le sable, et aussi aux danses Bretonnes grâce notamment à de charmantes bigoudènes en tenues traditionnelles. L’accompagnement musical, à grand renfort de grosse caisse, de bombarde et de biniou kozh, était entre autre assuré par les « anciens » du bagad de Lann-Bihoué…

Outre le manège (…), les enfants purent également s’adonner au poney grâce à un club équestre venu de Douarnenez.

Et puis, il faut également savoir que même si l’entrée n’est pas très onéreuse, lors de la garden pâté, l’entrée du musée Hénaff est gratuite. Seul bémol, il faut du coup attendre son tour ! Mais l’ambiance est telle que la patience en devient un véritable jeu d’enfant… et comme il se doit la journée s’acheva dans l’allégresse par une grande photo de « famille » !!!

 

Madame, les enfants et moi-même conservons (le mot est de bon aloi…) d’excellents souvenirs de cette garden pâté. Nous en avons ramené des bracelets et des badges, mais hélas, à mon grand regret, pas de ces fameux borsalinos qui furent dévalisés en moins d’une heure !!! Ce qui est certains, c’est que si l’opportunité se présente, nous y retourneront très volontiers… peut-être en votre compagnie d’ailleurs ???

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