A la découverte du patrimoine Colombanais

J’ai presque honte de l’avouer mais à l’occasion de mes différents séjours à Saint-Malo, je n’ai encore jamais mis les pieds dans une malouinière ! J’aspire donc à le faire prochainement et, en m’intéressant de plus près au sujet, sur le site de l’office du tourisme de Saint-Coulomb, je suis tombé sur une carte forte intéressante intitulée « circuit numérique de Saint-Coulomb et son patrimoine ». C’est sur cette base que repose la présente rubrique…

 

Alors déjà, qu’est-ce qu’une malouinière me direz-vous ?

Tout remonte au 18ième siècle, lorsque la cité de Saint-Malo commençait à étouffer entre ses remparts. Il suffit juste d’imaginer qu’à l’époque, ce sont plus de 15.000 habitants qui s’entassent entre ses murs, soit un périmètre de 800 m de longueur sur 500 m de largeur !!! Les ruelles tortueuses ne possèdent pas de caniveau, les miasmes et les ordures s’y amoncèlent allègrement, tandis que malgré l’omniprésence de la mer, les remparts ne permettent pas une ventilation optimale des lieux. Bref, l’ambiance y est oppressante et l’air irrespirable, aussi les Malouins les plus fortunés – essentiellement des armateurs, des négociants et des capitaines au long cours – décident de s’exiler au-delà de ce carcan, dans la campagne alentour. Là, loin de la mer à laquelle ils sont constamment confrontés, ils se font construire de somptueuses bâtisses inspirées des hôtels particuliers que l’on trouve dans l’intra-muros : les fameuses malouinières dont certaines sont l’œuvre d’un certain Garangeau…

Et comme il ne fallait pas trop s’éloigner pour continuer à traiter les affaires, toutes se situent à moins de deux heures de cheval de la cité corsaire, sur la rive droite de la Rance (forcément, à l’époque il n’y avait pas l’usine marémotrice pour traverser à sa guise…) dans un triangle qui s’inscrit entre Cancale, Châteauneuf-d’Ille-et-Vilaine et bien entendu, Saint-Malo ; un lieu délicieusement (…) appelé le Clos-Poulet…

Maintenant, il faut savoir que les malouinières correspondent à des codes architecturaux très précis : leur logis rectangulaire comprend un unique étage sous un toit en ardoise, mansardé à quatre pans orné de pots à feu sur les arêtes et encadré de massives cheminées. Les façades, quant à elles, plutôt sobres, voir même parfois austères, sont symétriques et percées de hautes fenêtres à petits carreaux situées à l’aplomb des lucarnes pratiquées dans les mansardes. Elles sont pour la plupart revêtues d’un crépi de chaux avec des chaînages en granit de Chausey aux angles, au niveau des bandeaux et autour des ouvertures. L’ensemble est généralement entouré d’un parc à la Française.

Les intérieurs, eux, sont en revanche très luxueux avec des cheminées en marbre d’Italie, des cloisons habillées de carreaux de Delft, des escaliers monumentaux en bois exotiques, venus des Antilles ou du Brésil, tout comme les parquets cloutés à la façon des ponts de navires… dans un univers de marins autant ne pas se priver !!!

Et donc, parmi les 112 malouinières aujourd’hui recensées autour de Saint-Malo, Saint-Coulomb en abrite 18, dont certaines que je vais vous faire modestement découvrir dans les pages qui suivent…

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Mais à Saint-Coulomb, il n’y a pas que des malouinières à voir. Il y a aussi un vénérable pigeonnier, la chapelle Saint-Vincent et la fameuse anse du Guesclin (celle-là, je la connais : nous nous y sommes arrêté sur la route de Cancale). Cette dernière doit son nom à l’îlot qui se trouve dans sa partie orientale et sur lequel s’élevait jadis, en 1160, la forteresse d’un certain Bertrand du Guesclin, pas le connétable de France et fidèle compagnon de Jeanne d’Arc, mais un de ses aïeux…

Plus tard, en 1259, le site sera abandonné au profit du Plessis-Bertrand, un château établi un peu plus dans les terres et dont les quelques vestiges sont aujourd’hui perdus dans un bosquet. Enfin, en 1759, sur ordre de Vauban, une batterie destinée à protéger la côte des incursions Anglaises est érigée sur ses ruines. Sur le mur d’enceinte qui subsiste actuellement, se dresse une magnifique résidence d’agrément qui, de 1959 à 1968, fut la propriété du chanteur Léo Ferré.

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