L'île de Cézembre

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Pendant cette période, l’île de Cézembre a reçu plus de 20.000 bombes et obus, soit 1.700 tonnes d’explosifs, ce qui, rapport à sa modeste taille (…),  en fait le territoire d’Europe le plus bombardé de la seconde Guerre Mondiale !!!

L’endroit fut tellement labouré et cratérisé, qu’il n’y subsistait plus un brin de végétation et que sur les trois sources présentent avant-guerre, il n’en restait plus aucune trace…

Concernant les pertes Allemandes, elles furent estimées à une cinquantaine de morts. Au début des combats, les cadavres étaient inhumés dans quelques centimètres de terre. Mais face à la difficulté de creuser le sol et au danger que cela représentait, d’autres corps furent lestés et jetés directement à la mer, par dessus les falaises du rivage nord, comme cela se fait a bord d’un navire ! Quoi qu’il en soit, des vétérans racontent qu’un jour ou les dépouilles étaient alignées sur la plage en attente d’être ensevelies, elles furent pulvérisées et dispersées par un énième bombardement, tout comme les tombes déjà existantes. Aussi, on peut considérer que Cézembre est aujourd’hui un lieu de mémoire et de recueillement, une véritable sépulture à ciel ouvert !

Hormis sa plage sécurisée dés 1950 et le restaurant « Le repaire des corsaires » ouvert durant la saison estivale, 90% du site fût longtemps interdit aux visiteurs à cause de toutes les munitions, les bombes et autres obus non-explosés dont son sol est littéralement confit.

Malgré tout, l’île classée en zone Natura 2000 a été transférée du Ministère de la Défense au Conservatoire du littoral et, en 2017, un sentier de découverte de 800 m a été dégagé par les démineurs de la Marine Nationale. Sur cet itinéraire qui est ouvert au public depuis Pâques 2018, ils ont notamment retrouvé des mines Allemandes, des projectiles de 75 mm d’origine Française et réutilisés par les défenseurs, notamment contre les avions, ainsi que des obus de 155 mm en provenance des lignes Américaines.

Désormais, vous pourrez y voir refleurir les tamaris, la vipérine, le coquelicot jaune, l’œillet de mer, l’immortelle des dunes, gambader les lapins de garenne ou s’ébattre les cormorans huppés, les goélands argentés, les guillemots de Troïl, les pétrels fulmar et autres huitriers-pies, sans compter un couple de grand corbeaux…

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