A la découverte de l'Océarium du Croisic

Aujourd’hui, je vous invite à découvrir une incroyable aventure familiale qui a débutée au fond d’une officine de mareyage : celle de la famille Auffret qui est à l’origine de l’Océarium du Croisic

 

Tout commence en 1968, lorsque Jean et Janine Auffret, mareyeurs de leur état, installent quelques aquariums dans leur boutique établie 7 quai du Port Ciguet, face à l’actuelle criée. Leur idée est de faire patienter la clientèle autour de poissons, de coquillages et de crustacés venus du monde entier.

D’aquarium en aquarium, l’exposition prend de l’ampleur et face au succès grandissant, en 1972, le commerce trouve une nouvelle vocation et devient officiellement « l’Aquarium de la Côte d’Amour ». Mais les lieux sont trop exigus pour accueillir le public sans cesse grandissant, tant et si bien qu’en 1992, l’exposition déménage dans ses locaux actuel, avenue de Saint-Goustan, et devient « l’Océarium du Croisic ».

En 1994, l’établissement accueille sa colonie de manchots du Cap. En 1998 un espace sur le thème de l’île de Vancouver est aménagé. L’année 2003 voit la création d’un immense aquarium d’une contenance de 1.000.000 de litres d’eau de mer afin d’accueillir les requins d’Australie.

En 2008, c’est l’espace dédié au lagon qui ouvre ses portes puis, en 2010, celui consacré à l’archipel des Cyclades. En 2016, c’est au tour du bassin des raies du Pacifique de voir le jour et, en 2017, l’Océarium reçoit son 7 millionième visiteur !

Ainsi, au fil du temps, d’aquariums en bassins (aujourd’hui l’établissement en compte 56…), il est devenu le 6ème aquarium de France de par sa taille et le 11ème de par sa fréquentation. Il faut dire qu’il est plutôt à l’écart des grands axes et, tout là-bas, au bout de la presqu’ile du Croisic, son accès n’est pas des plus aisés…

 

Séjournant à 500 mètre de l’Océarium, c’est tout naturellement que nous avons été y passer la journée en longeant les quais et en flânant sur le Mont Lénigo.

Passé son parvis fleuri, les bâtiments font preuve d’une présentation plutôt solennelle. Néanmoins, les expositions a l’intérieur sont extrêmement originales et d’autant plus passionnantes, à commencer par la nurserie qui présente, entre autre, des bébés homards bleus Bretons. Il faut dire que depuis son ouverture, l’aquarium a fait de leur élevage une spécialité !

L’idée remonte à 1979, suite à la découverte d’un homard âgé de 4 mois qui s’était réfugié dans un filtre afin d’en faire son repaire. Dés lors l’équipe a décidé de s’intéresser de plus près aux mœurs de ce crustacé, véritable prince en armure bleutée des côtes Bretonnes. D’ailleurs, tous les ans, avec la participation d’enfants, l’Océarium relâche une cinquantaine  de juvéniles au large du Croisic…

Mais à la nurserie, on peut également contempler des bébés roussettes, des petites raies et même observer du zooplancton au microscope !

La visite se poursuit par les pieuvres facétieuses qui cohabitent avec des tables à huîtres et des moules accrochées à leurs bouchots. A partir de là, au pied de la cascade, c’est au choix : on peut passer d’un univers à un autre. Nous, nous avons d’emblée décidé d’aller visiter le fameux aquarium des requins d’Australie, vraiment magnifique avec ses eaux turquoise, ses zones d’ombre aménagées dans des récifs artificiels et son épave dans laquelle s’insinuent les squales. Il y a également une tortue, fort gracieuse, qui a pour habitude de se réfugier régulièrement en bas à droite de la vitre…

Sur le chemin du retour, dans le superbe bassin aux eaux émeraude, nous avons pu assister au repas des manchots du Cap. A vrai dire, un combat incessant avec les goélands qui squattent les lieux et tentent en permanence de leur dérober leurs sardines. C’est assez amusant à voir !!!

La balade s’est poursuivie par l’espace dédié à l’île de Vancouver qui dans une ambiance très boisée, entre totems et canoës,  présente la faune sous-marine du Pacifique nord-ouest. On y découvre des aquariums remplis d’anémones de mer aux couleurs chamarrées, des loups de mer, des araignées de mer géantes, dite « du Japon », ainsi que différentes variétés rockfish. Et forcément, on peut également y glaner pas mal d’information sur les baleines… Nous avons ensuite enchaîné par l’aquarium consacré à la vie du lagon et aux espèces tropicales, avec au menu, dans un somptueux décor de récifs coralliens des Caraïbes, d’Indonésie ou encore du Sri Lanka : les fameux poissons clowns, les poissons papillons, les poissons chirurgiens, les carangues royales jaunes et autres apogons de Banggai.

Puis, direction le bassin des raies du Pacifique. Même ambiance que les requins mais dans un décor beaucoup plus minimaliste, peut-être un peu trop d’ailleurs ? Ceci-dit, ça ne nous a pas empêché d’admirer ses véritables oiseaux aquatiques virevolter autour de l’épave d’un bombardier de la seconde Guerre Mondiale.

 

Petit bémol : à la pause de midi, nous avons dû nous résigner à sortir de l’aquarium pour retourner en ville car, à notre grande surprise, l’Océarium ne propose pas de structure de restauration ! Il semblerait qu’en 2015, il y est eu un restaurant baptisé « La conserverie » mais a priori, il n’a ouvert qu’une saison. Nous sommes quand même allés demander à la boutique et tout ce qui nous a été proposé ce sont des sandwichs club sous vide à des prix peu attractifs.

Donc voilà, nous avons été obligés de quitter les lieux pour nous mettre en quête d’un restaurant à l’extérieur. C’est dommage, ça casse un peu l’élan de la visite mais bon, il y a une offre conséquente – et plutôt sympa d’ailleurs – à une dizaine de minutes à pied, donc passé ce petit moment de flottement, nous nous en sommes remis…

 

C’est ainsi qu’après un pique-nique improvisé sur le Mont Lénigo, nous sommes retournés à l’Océarium, cette fois-ci pour nous attarder sur les espaces consacrés à l’île d’Yeu et à Belle-Île-en-Mer, c'est-à-dire à la faune sous-marine de l’Atlantique nord et donc des côtes Bretonnes. Ce ne sont pas les vitrines les plus colorées, certes, en revanche, elles sont extrêmement instructives car elles permettent de découvrir la tête des poissons qui garnissent régulièrement nos assiettes et de les voir évoluer dans leur biotope.

Nous avons pu y voir des grondins, des bars, des rascasses rouges, des tacauds, des lottes, du merlan, du lieu jaune mais aussi des tourteaux, des crevettes, des langoustes, des langoustines, des coquilles Saint-Jacques et bien entendu, des homards bleus Bretons !!! C’est peut-être ici, avec les requins, que nous avons passé le plus de temps… sans compter les aquariums des hippocampes qui ont  longuement capté notre attention !

Nous sommes ensuite passés sous le tunnel, le premier à avoir été installé en Europe, dans lequel on peut apprécier raies et requins sous tous les angles. Une étape impressionnante et très rafraichissante s’il en est !!!

Chemin faisant, nous avons ensuite enchaîné sur l’espace des Cyclades consacré à la faune Méditerranéenne et à la mer Egée. Dans un décor typiquement Grec, entre colonnades et amphores, parmi les herbiers, nous avons pu y admirer gorgones pourpres, mérous, murènes, girelles ou encore des cigales de mer…

La visite s’est achevée par l’espace dit « nautilus » où sous la lumière des néons psychédéliques, nous avons pu admirer le balai des méduses mais également des limules, de drôles de bestioles qui de prime abord, ressemblent à des raies entièrement caparaçonnées. De quoi terminer la journée sur une note insolite !!! 

Donc, si à l’occasion vous passez par Le Croisic, voici une adresse incontournable !

 Copyright © 2017-2020 – Arthur Le Roy / Le Cœur en Bretagne