La Roche du Feu

En Bretagne comme ailleurs, il est des lieux dont on parle très peu, que ce soit dans la presse écrite, les reportages télévisés ou même sur Internet. La Roche du Feu est de ceux-ci… boudée des médias pour on ne sait quelle raison !

Alors de quoi s’agit-il ?

La Roche du feu – Karreg an Tan en Breton – est un sommet des Montagnes Noires. Du haut de ses 281 m d’altitude, il est somme toute très modeste par rapport au point culminant du massif, le Roc’h Toullaëron, qui plafonne à 318 m.

En revanche, avec son affleurement de schiste  acéré, très visible sur son versant nord relativement abrupt, sa silhouette est caractéristique. De plus, le panorama y est saisissant puisque sur 360°, on peut y compter jusqu’à 33 clochers, à commencer par celui de Gouézec.

Et au-delà, par temps dégagé, on peut également y apercevoir la baie de Douarnenez au sud-ouest, la croupe du Ménez Hom, le bassin de Châteaulin et la vallée de l’Aulne à l’ouest, les Monts d’Arrée au nord, la campagne Bretonne – le fameux argoat – et le sillon des Montagnes Noires vers l’est.

 

Le site a également sa petite histoire, un rôle qui peut paraitre anecdotique aujourd’hui mais qui était capital aux temps reculés ! En effet, jadis appelé Ménez Gu, le sommet visible 40 kilomètres à la ronde était régulièrement utilisé pour relayer le feu du Ménez Hom. Concrètement des guetteurs étaient chargés d’y allumer un bûcher pour prévenir les populations environnantes de l’arrivée imminente des envahisseurs, notamment celles des vikings…  

C’est de cette époque troublée qu’il tire son nom actuel…

 

En revanche, sur divers blogs, j’ai pu relever de grosses erreurs dans la mesure où certain(e)s se lançant dans de grandes explications parfois romanesques, et non sans une certaine assurance, affirment que le feu était allumé sur la « table » qui couronne le sommet du Karreg an Tan. Sauf que ce mégalithe que l’on aimerait volontiers attribuer à d’énigmatiques civilisations est très récent !!!

En effet, il a été érigé… en 1963… par les scouts de Quimper ! La pierre est issue d’une carrière de Pont-Coblant, sur les rives de l’Aulne, et le monument était à l’origine une simple table d’orientation, avec sa rose des vents, qui fut hélas dégradée au cours des années 80.

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