La route du cidre de Cornouaille

Tout est parti d’un prospectus du CIDREF intitulé « balades sur la route du cidre en Cornouaille » que j’avais récupéré à l’office du tourisme de Bénodet. J’ai bien été visité une cidrerie mais je n’ai pas encore eu l’occasion de parcourir cette route qui promet d’aller d’un lieu de production à un autre en déambulant au milieu des vergers, sur la trace du prestigieux cidre de Cornouaille.

 

Alors qu’est-ce que le cidre de Cornouaille ? Déjà il ne faut pas confondre Cornouaille et Cornouailles… les Cornouailles avec un « s » sont un comté d’Angleterre situé à l’extrême sud-ouest de la Grande Bretagne. La Cornouaille elle aussi se trouve au sud-ouest… mais du département du Finistère. Il s’agit d’un des quatre anciens évêchés de Basse-Bretagne qui inclut, entre-autre, la Cap Sizun, le Pays Bigouden, le Pays Glazik et le Pays de l’Aven.  

 

Le cidre, quant à lui, était déjà consommé par les Celtes, au même titre que la cervoise et l’hydromel, avant qu’ils ne découvrent le vin…

Nous ne sauront hélas jamais si sa paternité en revient aux Basques ou aux Bretons. Ce qui est certain, c’est qu’il était servi aux tables des paysans comme à celles de la noblesse, et que c’est  les moines qui l’ont colporté à travers toute l’Europe. En France, il connaitra son apogée au 13ième siècle, sur fond de pénurie de céréales et d’interdiction de fabriquer de la cervoise. Considéré comme contre-révolutionnaire au temps de la Terreur – le philosophe et économiste Saint-Simon dira alors du pommier « qu’il est un arbre maudit par son essence »… – il trouvera un regain d’intérêt au 19ième siècle, sous la houlette de férus de scientisme. C’est en tout cas à cette époque qu’il acquiert sa forte popularité. Pour la petite anecdote, en 1899, les Rennais en buvaient annuellement 444 litres par habitants contre 34 litres de vin !!!

 

Le cidre de Cornouaille, lui, a vu le jour dans les années 80, après une vaste période de vache maigre due à la concurrence farouche du vin  conjuguée à la désertification des campagnes. Désirant promouvoir cette boisson millénaire, notamment en privilégiant la qualité à la quantité, Pierre Seznec et sa bande de copains créent le CIDREF (Comité Interprofessionnel cidricole de Développement et de REcherche Fouesnantais et Finistérien) visant à valoriser et relancer le verger Finistérien qui jusque-là se mourrait.

Pour l’élaboration de ce cidre qui a été couronné par une AOC en 1996, il faut assembler au minimum trois variétés de pomme : une amère, une douce et une acidulé, toutes issues d’un cru délimité à 38 communes des bords de mer et autour de Quimper, comme l’Avaloù Belein, la Kroc’hen ki, la Sac’h Biniou ou la juteuse et parfumée Kermerrien.  Il en résulte un breuvage délicatement amer, à l’élégante robe dorée-orangée agrémentée de fines bulles ; une boisson que, personnellement, j’adore tant son lien avec le terroir est fort !!! 

C’est donc avec plaisir que je vous invite à découvrir, en tout cas en partie – avec ce que m’autorise Google Street View puisque je vous rappelle que je ne l’ai jamais pratiquée – cette fameuse route du cidre de Cornouaille…

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