Balade à Saint-Goustan, le port d'Auray

Pour ce tout premier sujet de l’année 2019, je vous invite à me suivre dans un endroit plein de cachet : le port de Saint-Goustan, quartier emblématique de la ville d’Auray…

 

Situé dans l’ultime méandre du Loc’h – aussi appelé rivière d’Auray qui, descendue des landes de Lanvaux et après  un parcours de 50 kilomètres, achève sa course en une profonde ria, dans le golfe du Morbihan – Saint-Goustan c’est le quartier incontournable d’Auray !

Bien nommé, à la gloire du saint-patron des marins et des pêcheurs, il s’agissait autrefois d’un grand port de pêche et de commerce. Dés le XIVème siècle, autours de ses quais s’échangeaient du vin, du sel, du cuir du fer et de l’acier en provenance d’Espagne, tandis que le pays exportait du poisson, du beurre, de la viande, de la toile, mais également des céréales telles que l’avoine, le seigle et le froment.

On y armait aussi des bateaux destinés à la pêche à la baleine dans le golfe de Gascogne tandis que d’autres partaient en quête de morue sur les bancs de Terre-Neuve. C’est également de Saint-Goustan, qu’en 1632, s’élancèrent vers le nord du Canada une partie de celles et ceux qu’on allait baptiser les « acadiens ». Pour la petite anecdote, certains en furent chassés et revinrent s’installer, pas très loin… à Belle-Ile-en-Mer !!!

Trop enclavé et face à la concurrence du port de Lorient aménagé entre 1665 et 1670, l’activité de Saint-Goustan n’aura de cesse de décliner. Tant et si bien qu’au début du XXème siècle, elle se limitera à l’exportation d’étais en bois à destination des mines de charbon du Pays de Galles.

Aujourd’hui endormi, le port de Saint-Goustan a su, par delà les siècles, conserver autour de sa place Saint-Sauveur de magnifiques demeures à colombages ainsi que de superbes maisons en granit et en pierres de tufeau. C’est en ces lieux que jouait autrefois le petit Philippe Gildas, né Philippe Leprêtre, célèbre présentateur de radio et de télévision. Mais bien avant lui, c’est sur ces pavés que le 4 décembre 1776, Benjamin Franklin, père fondateur des Etats-Unis, foula pour la première fois le sol de France. Venu demander le soutien de Louis XVI dans le cadre de la guerre d’indépendance Américaine, il devait initialement mettre pied à terre à Nantes mais les vents contraires en décidèrent autrement…

Hormis les terrasses animées des restaurants, rien ne semble avoir changé depuis cette époque !!! Tout comme les ruelles à l’ambiance moyenâgeuses où se nichent les ateliers d’artistes et qui grimpent jusqu’à l’église Saint-Sauveur du XVème siècle. A ses côtés on peut également découvrir la charmante chapelle Notre-Dame de Lourdes, érigée en 1862.

 

Mais pour avoir un meilleur aperçu de la ville basse – c’est aussi le nom qu’on donne à Saint-Goustan – et accessoirement découvrir sa célèbre vue de carte postale, il faut traverser le pont du XIIIème siècle pour passer rive droite et gravir les rampes du Loc’h en direction de la ville haute.

Après cette montée infernale et fortement déconseillée aux poussettes le panorama tant mérité s’offre enfin à vous ! En cette position éminemment stratégique s’élevait autrefois un château dont il est fait mention pour la première fois en 1086. A l’origine simple donjon en bois, c’est Arthur Ier qui, en 1201, fit construire la forteresse dont il ne reste hélas aujourd’hui que quelques pans de murs que l’on peut apercevoir à flan de rivière. En effet, au début du XVIème siècle, le château-fort est abandonné et en 1558, le roi de France Henri II ordonne son démantèlement. Le site sert alors de carrière au villageois et donc, en grande partie, à la construction de la ville haute actuelle.

Hormis la verdoyante beauté des lieux, depuis ce belvédère on appréhende encore mieux le caractère maritime de la rivière d’Auray, notamment le phénomène de marée qui, deux fois par jour, dépose les vieux gréements sur la vase, dévoile les strates de varech le long des quais, et même quelques colonies d’huîtres sauvages, et donne une véritable pulsation à la cité.

 

Mais pour nous, il était inconcevable de quitter Auray sans aller faire un tour chez Sylvain Tallon. Il s’agit d’un artisan chocolatier que j’ai découvert dans les pages de « Bretagne Magazine » qui chantait les louanges de son Alréen.

Alréen, c’est le gentilé des habitants d’Auray – son nom, en Breton, étant An Alre – bien sur, mais c’est également celui d’un délicieux gâteau de voyage.

Le gâteau de voyage, c’est le descendant des panis militaris – des espèces de galettes très dures – des légionnaires Romains ou du pain d’épices des guerriers de Gengis Khan. Avec l’avènement du chemin de fer, du tourisme et des congés payés, facile à transporter et à conserver, au fil du temps, il est devenu un incontournable des pique-niques réussis. En l’espèce, celui concocté par Sylvain Tallon est un merveilleux fondant au chocolat !!!

Pour trouver son officine, « Au Régal Breton », et acquérir le précieux, il a fallu nous rendre dans les rues tortueuses de la ville à haute, à deux pas de l’église Saint-Gildas. Et nous ne fument pas déçu du détour ! C’est goûtu, fort en chocolat, très raisonnablement sucré, légèrement caramélisé sur le dessus, moelleux à souhait en dessous et divinement fondant à cœur. Bref, on en a pris deux dont un à qui on a réglé son sort le soir même… c’est terrible !!!

Donc, si vous passez par Auray, retenez l’adresse…

 

A noter que c’est également à Auray, et plus précisément dans le hameau de Kerléano, que Georges Cadoudal a vu le jour en 1771 et que se dresse aujourd’hui son mausolée. Pour resitué le personnage, il s’agit d’un général chouan, commandant l’armée catholique et royale de Bretagne – il fera d’ailleurs de sa ville le berceau de la chouannerie Bretonne – qui fut guillotiné le 25 juin 1804 pour avoir comploté contre Napoléon. Fin de l'histoire !!!

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